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Le Pantanal, un paradis écologique


Pour découvrir la faune du Brésil, la plupart s’imagine qu’il faut se rendre en Amazonie. Erreur, la végétation y est beaucoup trop dense. C’est dans le Pantanal, la plus vaste zone humide de la planète, que vous pourrez observer au mieux les mammifères, les oiseaux ou les reptiles.

 

Le Pantanal, c’est le bout du monde. Situé à l’ouest du Brésil, en plein milieu de l'Amérique du Sud, cette région d’une superficie de 200.000 km2 (soit un tiers de la France) déborde légèrement sur la Bolivie et le Paraguay et occupe une partie des États brésiliens du Mato Grosso et du Mato Grosso do Sul.Il s’agit d’une ­immense plaine alluviale formée par le bassin du Rio Paraguay. Pendant la saison des pluies, de novembre à avril, le Pantanal se transforme en un vaste marais d’eau douce, près de 80 % du territoire est inondé et la ­hauteur de l’eau varie de quelques centimètres à plus de deux mètres. L'inondation est due à la très faible déclivité de cette région que se trouve à 1.500 kilomètres de la mer et à seulement 150 mètres d'altitude.

 

Le Pantanal est considéré comme l'écosystème le plus dense de la planète tant au point de vue végétal qu'animal, même si son importance est souvent éclipsée par la popularité de la forêt amazonienne auprès des défenseurs de la nature. Et depuis 2000, le parc national du Pantanal est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La région est formée de rivières encadrées de forêts galeries (ces espaces boisées qui se développent au bord des cours d’eau), de lacs permanents, de plaines herbeuses et de forêts périodiquement inondées. Des études hydrologiques ont montré la présence d’un important réseau de cours d'eau souterrains.

 

La juxtaposition de ces milieux naturels et les inondations périodiques ont engendré une biodiversité d’une richesse exceptionnelle. Le Pantanal abrite quelques 3.500 espèces de végétaux et l'une des plus fortes concentrations d'animaux : 650 espèces d’oiseaux, 400 de poissons, 80 de mammifères, plusieurs dizaines de ­reptiles dont le caïman ou l’anaconda. Les plus grands spécimens de ­certaines espèces se trouvent à cet endroit, notamment les jaguars, les loutres, le ­capibara (le plus grand rongeur du monde, plus de 50 kilos), les tamanoirs et tatous géants, des cerfs des marais ou des loups à crinières. Comme on s’en doute, la vie dans le Pantanal, y compris celle des humains, dépend des périodes d’inondation. L’accès à ce paradis écologique, noyé sous les eaux pendant la moitié de l’année est peu aisé et dès lors la région est peu fréquentée. La meilleure période pour s’y rendre est la saison sèche, de mai à octobre.

 

Pour y accéder, deux possibilités par avion uniquement (vols de 2h30 à partir de São Paulo) : au nord, l’aéroport de Cuiabá ou au sud, celui de Campo Grande. Ces deux villes sont les capitales des États du Mato Grosso et du Mato Grosso do Sul. L’accès par le nord est privilégié et emprunté par la plupart des touristes. Dans tous les cas, il est conseillé de passer par un agence de voyage et un guide local. Les voyages en solitaire sont à éviter, il n’y pas de carte détaillée de la région, les pistes sont dangereuses et les jaguars et caïmans ne sont jamais loin.

 

A partir de Poconé, une petite ville située à une centaine de kilomètres au sud de Cuiabá, la célèbre “Transpantaneira”, une piste surélevée de 145 km et 120 ponts branlants en bois vous permet de rejoindre en 4x4, le petit port de Porto Joffre sur le Rio Paraguay, au coeur du Pantanal.

 

Que ce soit dans le sud ou dans le nord, on trouve de magnifiques écolodges ou fazendas qui proposent des logements, de la cuisine locale, mais également des circuits en bateau, à cheval, à pied ou en 4x4, qui permettent de parcourir la région en profondeur. Seul petit hic, l’isolement des lieux, les difficultés d’accès et la qualité des prestations entraînent des frais de voyage élevés.

 

Le Pantanal est un vaste paradis écologique, une destination d'exception pour les amoureux de la faune et de la flore et les chasseurs d'images... A condition de disposer d'un solide budget.

 

Jean-Pol Rihoux

 

Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"