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Le Brésil, un pays peu visité par les touristes étrangers

Dans le centre historique de Salvador - Etat de Bahia
Dans le centre historique de Salvador - Etat de Bahia

Cela va vous surprendre, le Brésil constitue une très petite destination touristique internationale. En 2016, le Brésil a accueilli 6,6 millions de touristes étrangers. C’est fort peu. Le Brésil, tout le monde en rêve mais force est de constater que le pays, à l’image de l’Amérique du Sud, demeure une destination à l’écart du tourisme international et du tourisme de masse.

 

A titre de comparaison 7,5 millions d’étrangers ont voyagé en Belgique (plus qu'au Brésil) et 35 millions au Mexique, un autre pays d’Amérique latine, en cette même année 2016. On est très loin des pays les plus visités au monde, la France et l’Espagne, qui en 2017 ont reçu la visite de respectivement 89 et 82 millions d’étrangers.

 

Le Brésil, un pays de la taille d’un continent et peuplé de plus de 200 millions d’habitants, est très éloigné des visiteurs potentiels tels les européens ou les américains du nord. Les voyages sont longs et coûteux et le Brésil est considéré comme une destination haut de gamme, chère et d’un rapport coût/bénéfice peu intéressant par rapport à d’autres pays d’Amérique latine comme le Mexique ou la République Dominicaine.

 

La majorité des touristes qui se rendent en Amérique latine privilégient l’Amérique centrale (Mexique, Caraïbes…) et les packages “tout compris” comprenant un vol charter et un séjour dans un resort all-inclusive. Une formule quasiment inexistante pour les étrangers qui souhaitent passer des vacances au Brésil. Les grands tours opérateurs, je pense en particulier à TUI le numéro 1 mondial, ne proposent pas le Brésil dans leurs catalogues, si ce n’est de rares et coûteux circuits à la carte.

 

Aussi, les touristes qui visitent le Brésil sont avant tout des brésiliens et le principal facteur de croissance du tourisme dans le pays est le marché intérieur. Les hébergements sont donc adaptés aux goûts et aux attentes des brésiliens et nombre de haut-lieux du tourisme national sont complètement inconnus des étrangers. Qui connaît par exemple Caldas Novas, ville thermale du sud de l'État de Goiás? En juin 2017, j’avais consacré une de mes premières chroniques à ce lieu de villégiature très prisé des brésiliens : “Nous irons tous, tous, tous… à Caldas Novas”.

 

En ce qui concerne les 6,6 millions de visiteurs étrangers, j’ai consulté les données très intéressantes établies par l’Institut brésilien du Tourisme, EMBRATUR. Quelques grandes tendances se dégagent. Rio de Janeiro et ensuite les chutes d’Iguaçu constituent les deux destinations phares incontournables pour les touristes étrangers. Et les visiteurs des pays limitrophes se rendent au Brésil plutôt en famille et pour profiter du soleil et des plages alors que les ressortissants de pays lointains sont le plus souvent des voyageurs individuels attirés par l’aspect culturel et l’écotourisme.

 

Comme déjà mentionné, le Brésil est perçu comme une destination hors de prix. Les amateurs de plages et de soleil sont dans l’attente d’une offre beaucoup plus importante en matière de formules tout compris. Il est vrai que les grandes chaînes internationales d’hôtels “tout inclus” sont très peu présentes au Brésil.

 

Les voisins argentins sont logiquement les touristes étrangers les plus nombreux au Brésil. En 2016, 35% des visiteurs étrangers, soit 2,3 millions de personnes, étaient originaires d’Argentine, l’autre grand pays d’Amérique du sud. Et chaque année, ils sont de plus en plus nombreux. Ils viennent surtout au Brésil pour passer des vacances à la plage en famille, Un lieu les attirent en particulier : Buzios, le Saint-Tropez brésilien à 180 kilomètres au nord de Rio. A tel point que des vols directs relient Buenos Aires à l’aéroport local.

 

Les États-Unis suivent avec 570.000 visiteurs. C’est peu par rapport au 14,5 millions d'américains qui ont voyagé au Mexique en 2016, il est vrai pays voisin. Le nombre de touristes américains au Brésil est plutôt à la baisse depuis une dizaine d’années. Il se rendent au Brésil plus pour du tourisme d’affaire que pour le tourisme de loisirs. Ils reprochent le coût élevé de l’hébergement, l’insécurité et la difficulté de trouver des interlocuteurs parlant anglais.

 

Deux pays limitrophes, le Paraguay et l’Uruguay et un autre pays d’Amérique du Sud, le Chili comptabilisent plus ou moins 300.000 touristes ayant voyagé au Brésil en 2016. Le Paraguay et l’Uruguay sont proches géographiquement du Brésil mais également sur le plan économique. Le Brésil, l’Argentine, et ces deux pays sont les fondateurs du marché commun sud américain, le Mercosul. Les ressortissants de ces États peuvent voyager aisément au Brésil avec les transports routiers, des autocars longue distance en particulier. Le Brésil constitue la première destination touristique pour les paraguayens alors que les uruguayens se rendent plus volontiers en Argentine. Et comme le Paraguay n’a pas de façade maritime, ses ressortissants privilégient les séjours à la plage.

 

D’après l’Institut brésilien du Tourisme, le Chili possède une culture américanisée, une culture différente de celle de ses voisins sud-américains. Pour les vacances, les chiliens recherchent des resorts all-inclusive et estiment que le Brésil est trop cher.

 

Les français occupent la sixième place de ce classement et représentent le premier contingent (264.000 personnes) de touristes européens qui ont visité le Brésil en 2016. Alors que les allemands optent pour la République dominicaine et les anglais pour le Mexique, les français préfèrent le Brésil. Depuis 2013, le Brésil a d’ailleurs supplanté la République dominicaine comme première destination touristique en Amérique latine pour les français. Le Club Med par exemple possède quatre villages au Brésil.

 

Suivent les allemands, les anglais et les italiens : plus ou moins 200.000 touristes en 2016 au Brésil. Comme beaucoup, ils sont freinés par le prix élevé des voyages et l’absence de package incluant un vol charter. Pourtant tous reconnaissent le Brésil comme une destination de grande qualité qui allie hospitalité, culture, écotourisme et plages paradisiaques.

 

Le Brésil possède un énorme potentiel, à la hauteur de l’immensité du pays et plusieurs régions sont complètement inconnues des étrangers, comme l’État de Goiás par exemple auquel j’ai consacré une chronique en juin 2017. Et contrairement aux croyances, la plupart des hôtels et pousadas affichent des prix très attractifs, en dehors des périodes de fêtes. Et les restaurants sont très bon marché.

 

Pour les étrangers qui visitent le Brésil, le dépaysement est garanti. Quels que soient le mode d’hébergement choisi, la destination ou le centre d’intérêt des voyageurs, les plages, les petites villes coloniales, l’écotourisme et la découverte de la nature… Ils rencontreront essentiellement des brésiliens, mangeront brésilien et seront plongé dans l’ambiance locale. Un petit conseil, mieux vaut disposer de quelques rudiments de portugais pour apprécier à sa juste valeur l’hospitalité des brésiliens. Et habituez-vous dès à présent, partout on vous appellera par votre prénom, comme c’est l’usage au Brésil.

 

Jean-Pol Rihoux

 

 Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"