Les chutes d’Iguaçu, merveilles majeures de la nature

Partie sud des chutes, côté brésilien
Partie sud des chutes, côté brésilien

Les chutes d’Iguaçu perdues dans la jungle tropicale entre le Brésil et l’Argentine constituent le point d’orgue de nombreux voyages en Amérique du Sud.

 

Pour y arriver, la meilleure solution est de prendre un vol à partir de São Paulo ou de Rio pour le petit aéroport de Foz do Iguaçu au Brésil. A partir de là, la plupart des voyageurs optent pour un hébergement à Foz do Iguaçu, mais il est également possible de loger à Puerto de Iguazu, la localité voisine plus calme et campagnarde, du côté argentin.

 

Foz do Iguaçu, une ville de 250.000 habitants, très pimpante et verdoyante, est après Rio de Janeiro, le lieu le plus visité du Brésil par les étrangers. Et effectivement, j’y ai rencontré beaucoup de français, mais également des belges, des hollandais, des allemands, des italiens… Et beaucoup de japonais. Bien que le Brésil soit une très petite destination internationale (voyez mon article d’il y a quelques semaines), la moitié des visiteurs du Parc National des chutes d’Iguaçu sont des étrangers.

 

Les chutes sont formées par un ensemble de 275 cascades qui se jettent les unes dans les autres sur un front de près de trois kilomètres. Si 80% des chutes sont situées en Argentine, c’est depuis le Brésil que la perspective est la plus large et la vision la plus impressionnante. Du côté argentin, des passerelles et des circuits pédestres permettent de se promener au cœur des chutes.

 

A une vingtaine de kilomètres de Foz d’Iguaçu, le “Parque Nacional do Iguaçu” a été créée en 1939 et depuis 1986, il fait partie du Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco. Chaque jour, 10.000 personnes franchissent les portes de ce Parc national brésilien, une vaste zone de forêt tropicale très dense d’une superficie de 1.700 km2 (dix fois la superficie de la Région Bruxelloise) qui fait l’objet d’une attentive protection environnementale. Quelques sentiers permettent de découvrir l’exubérance de la végétation et des centaines d’espèces d’oiseaux tropicaux.

 

Après le passage à la billetterie, des bus à étage emmènent les visiteurs vers les chutes. Il faut parcourir trois kilomètres au milieu de la jungle pour atteindre en bus le début du sentier, face à la partie nord des cascades. A gauche, se trouve un magnifique édifice néo colonial de couleur rose bonbon : le mythique hôtel Das Cataratas. Cet hôtel de grand luxe du groupe Belmond (comme le Copacabana Palace à Rio de Janeiro) à la particularité de se trouver à l’intérieur du Parc national, à côté des cataractes.

 

La première vision des chutes est saisissante. Face à nous, dans un cadre de verdure tropicale, des dizaines de gigantesques cascades se déversent sur deux niveaux et se jettent dans le Rio Iguaçu en contrebas, auréolé d’un superbe arc-en ciel. Le sentier d’un kilomètre et demi qui surplombe la rivière nous amène vers le sud et offre de magnifiques vues, entre les arbres et les lianes, des chutes qui se succèdent. La largeur de la rivière Iguazu avant les chutes est de 1.200 mètres et de seulement 65 mètres après! Des belvédères offrent une vision vertigineuse de la rivière bouillonnante et des innombrables cascades plus impétueuses les unes que les autres, qui se déversent de toutes parts. Au loin, vers le sud, on devine dans un nuage d’écume, la partie la plus impressionnante, la Gorge du Diable.

 

Sur le sentier et aux abords, de mignons petits animaux se déplacent sans crainte entre les pas des promeneurs, les coatis. Ces mammifères d’une cinquantaine de centimètres, courts sur pattes et affublés d’une longue queue, sont constamment à la recherche de nourriture et n’hésitent à agresser les promeneurs à la vue de la moindre denrée comestible. Partout des panneaux avertissent du danger qu’ils peuvent représenter.

 

Tout d’un coup, l’étroit sentier se transforme en escaliers et un bruit se fait de plus en plus assourdissant. En bas, à quelques mètres seulement d’une plateforme, apparaît tel un mur de plusieurs dizaines de mètres de haut, une énorme cataracte d’une puissance inouïe, qui éclabousse les visiteurs. Nous sommes dans la partie sud des chutes, endroit à partir duquel, une passerelle de quelques centaines de mètres permet de se déplacer au coeur des chutes entre deux niveaux de cascades et de se plonger dans la Gorge du Diable, un défilé sur une longueur de 700 mètres et une largeur de 150 mètres. Dans cette gorge, jaillissent des eaux d’une force terrifiante, parmi lesquelles la chute la plus haute, d’à peu près 90 mètres. Mieux vaut revêtir un imperméable car la douche est garantie sur cette passerelle.

 

La visite du côté brésilien se termine par la remontée vers la route d’accès principale, dans un ascenseur panoramique qui frôle un terrible torrent. Arrivé au sommet, le paysage est tout aussi somptueux avec la passerelle en bas, entourée d’un arc-en-ciel, dans un cirque de cascades et de végétation tropicale.

 

Découvrir les chutes d’Iguaçu, l’un des sites naturels les plus impressionnants de la planète marque à jamais la mémoire. Lorsque Eléonore Roosevelt, l'épouse du Président américain visita les chutes, elle eut ces premières paroles : “Pauvre Niagara…”

 

Jean-Pol Rihoux

 

Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"