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Football : Copa Libertadores, la Ligue des Champions en version sud-américaine

La “Copa Libertadores de América” (en espagnol) ou la “Taça Libertadores da América” (en portugais), est le l’équivalent de la Ligue des Champions européenne. La compétition est organisée par la confédération sud-américaine de football, CONMEBOL, et regroupe les meilleurs clubs du continent sud-américain. C'est le tournoi de football le plus prestigieux d'Amérique du Sud, devant la “Copa Sudamericana”, le pendant de l’Europa Ligue en Europe.

 

En ce mois de mai, alors que les championnats de football des pays européens touchent à leur fin, la situation est bien différente en Amérique du Sud. Au Brésil, le championnat national vient de débuter et Il se terminera en décembre. De janvier à avril, la compétition nationale brésilienne fait place aux championnats des États qui regroupent les équipes d’une même région, toutes divisions confondues.

 

Le championnat national brésilien commence à la mi-avril mais en Argentine, il débute fin août et en Uruguay, début février. On est bien loin de l’harmonisation qui existe en Europe entre les championnats des pays membres de l’UEFA, la fédération européenne de football.

 

Les tours préliminaires de la Copa Libertadores débutent en janvier et les phases de poules fin février. Depuis 2017, le format est calqué sur celui de la Ligue des Champions : les 32 meilleures équipes sont réparties en 8 groupes de 4. Et selon la même formule qu’en Europe, les deux premiers se qualifient pour les huitièmes de finale, les huit troisièmes sont repêchés en Copa Sudamericana et les quatrièmes sont éliminés. Alors que la finale de la Ligue des Champions a lieu en une seule rencontre au mois de mai, la finale de la Copa Libertadores se déroule fin novembre en matchs aller-retour. Mais en février de cette année, la décision a été prise qu’à partir de 2019, la finale aura lieu sur un terrain neutre. La Copa Libertadores se déroule donc sur toute l’année et pour les joueurs sud-américains y participer constitue l’honneur suprême.

 

En 2010, plusieurs joueurs de Santos qui avaient remporté la coupe du Brésil ont refusé de plantureux contrats avec des clubs européens pour participer à la Copa Libertadores de 2011 et, le brésilien Deco, vainqueur de deux Ligues des Champions européennes avec Porto et Barcelone avait déclaré qu'il échangerait volontiers ces deux victoires pour un seul triomphe de la Copa Libertadores.

 

Créée en 1960, la compétition réunissait au début uniquement les champions des ligues sud-américaines et au fil des années, d'autres équipes que les champions nationaux ont obtenu le droit de se joindre au tournoi. Cette année 2018, parmi les 32 équipes participantes aux phases de poules, on dénombre 7 équipes brésiliennes et 6 argentines. L’Argentine a remporté 24 titres devant le Brésil, 18 et l’Uruguay, 8. Les clubs les plus titrés sont les clubs argentins de Independiente, 7 victoires et de Boca Junior, 6 victoires. En 2017, c’est le club brésilien de Grêmio qui a remporté la finale. Trois clubs brésiliens ont remporté la coupe à trois reprises : Grêmio, Santos et São Paulo. Et deux clubs argentins ont remporté trois tournois consécutifs et ont ainsi pu conserver le trophée : Estudiantes (1968 à 1970) et Independiente (1972 à 1974). Aujourd'hui, le trophée est le troisième de l'histoire de la compétition.

 

La Copa Libertadores réunit les clubs les plus prestigieux des dix principaux pays d’Amérique du Sud. Deux petits pays du nord-est du continent ne font pas partie de la CONMEBOL : le Suriname et le Guyana. En 1986, les clubs vénézuéliens n’ont pu participer à cause d’irrégularités administratives et en 1990, la compétition a été marquée par l'absence des clubs colombiens, suite au meurtre d'un arbitre. Entre 1998 et 2016, les équipes mexicaines ont été invitées à participer au tournoi mais depuis l’année dernière, des problèmes de calendrier les empêchent d'y prendre part.

 

Certaines rencontres se disputent à 3.600 mètres d’altitude comme à La Paz en Bolivie et d'autres, sous la chaleur moite de l’équateur. Dans une ambiance de folie et parfois de bagarre générale, la compétition est très disputée et l’issue des plus incertaines. A tel point que les finales de ces 10 dernières années ont été disputées par 20 clubs différents. A titre de comparaison, seules 9 équipes ont participé aux 10 dernières finales de la Ligue des Champions en Europe.

 

Les deux premières éditions, en 1960 et 1961, furent remportées par le club uruguayen de Penarol. A cette époque l'Uruguay, petit pays coincé entre l’Argentine et le Brésil était au sommet de la gloire. En 1950, alors que les 200.000 personnes présentes au stade du Maracaña à Rio de Janeiro (inauguré pour l’occasion), attendent le sacre mondial du Brésil, la “seleçao” se fait battre contre toute attente par l'Uruguay. Comme mentionné dans une chronique précédente, le Brésil a organisé deux fois la coupe du monde et chaque fois ce fût un grand drame : contre l'Uruguay d’abord et contre l’Allemagne ensuite.

 

Les deux années suivantes, en 1962 et en 1963, Santos, club brésilien légendaire où évolua Pelé et par la suite Neymar, fut sacré champion. Remarquons que Santos et Penarol sont les deux seuls clubs sud-américains qui figurent parmi les huit meilleurs clubs de football du 20e siècle selon la FIFA. Un classement dominé par le Réal de Madrid.

 

Jean-Pol Rihoux

 

Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"


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