52 semaines au Brésil

A Goiania, le 31/12/2017
A Goiania, le 31/12/2017

Vivre au Brésil, c’est d’abord vivre avec les brésiliens. Vivre parmi des gens chaleureux, généreux, plein d'allégresse et de bonne humeur. Les brésiliens prennent la vie du bon côté et la solidarité et l’altruisme constituent des valeurs bien réelles, malgré les faibles revenus de la plupart et les problèmes de sécurité et de criminalité. Au Brésil, il est impensable qu’une personne se fasse assaillir dans l’indifférence générale de la foule qui l’entoure comme c’est le cas dans nos pays dits développés. Ici, les gens vont tous se porter au secours de la victime et poursuivre l’assaillant.

 

Comme je l’ai expliqué précédemment, les brésiliens sont profondément croyants, catholiques ou évangélistes. Il s’agit d’un sentiment très profond qui se traduit par une réelle solidarité dans la vie au quotidien et qui leur permet de rester optimistes. Dieu est le “grand” Père en qui les brésiliens ont une totale confiance. Un mode de vie qui peut faire sourire et que ne peuvent comprendre beaucoup d’européens, ancrés dans le matérialisme et l’individualisme et habitués à se plaindre à tout propos.

 

Pour un étranger, vivre au Brésil est bien agréable : le climat y est exceptionnel et l’ambiance générale ainsi que l’environnement nous rappellent sans cesse que nous sommes sous les tropiques. Mais il faut s’adapter, renoncer à certaines habitudes ou bénéficier d’agréments inconnus sous nos latitudes.

 

En ce qui concerne les soins de santé, c’est tout ou rien. Le réseau public est gratuit mais dans un état lamentable alors que le réseau privé est de très haut niveau mais d’un coût élevé. La plupart des brésiliens n’ont d’autres choix que faire des files interminables et attendre des mois pour un rendez-vous avec un spécialiste, pour finalement être reçu dans des infrastructures vétustes, en manque de matériel et d’équipement mais également de personnel soignant et de médecins. Pour accéder à des infrastructures modernes et être pris en charge par des praticiens de haut niveau, il faut opter pour un plan de santé dans le secteur privé. Pour une personne de plus de 60 ans, quels que soient ses revenus, il faut débourser chaque mois l'équivalent du salaire minimum (+/- 300 euros). Et les médicaments sont bien plus chers qu’en Europe. Pour les soins dentaires, un autre plan de santé est nécessaire, heureusement beaucoup plus accessible (une quinzaine d’euros par mois) pour se faire soigner par des dentistes d’un meilleur niveau général qu’en France ou en Belgique.

 

Alors qu’en Europe, de plus en plus d’habitants des villes renoncent à la voiture et optent pour les transports en commun, ici posséder une voiture est indispensable. Le réseau ferroviaire est quasi inexistant et seules quelques grandes villes disposent de lignes (peu nombreuses) de métro. Et les réseaux de bus sont mal organisés et débordés. Pour se déplacer, il faut donc une voiture, à moins de choisir un taxi ou "Uber", nettement moins chers qu’en Europe. Lorsque vous aurez déboursé un montant plus élevé qu’en Europe pour un véhicule à équipement égal, il faudra alors se lancer dans la circulation, excessivement dense et dangereuse. Ici motos, camions et voitures (souvent très vétustes car il n’y a pas de contrôle technique et, par faute de moyens financiers) débouchent de gauche ou de droite, toujours à vive allure, brûlent les feux rouges et sont peu soucieux des règles de circulation.

 

Comme beaucoup de brésiliens de la classe moyenne émergente ou de la classe supérieure, vivre au Brésil, c’est bien souvent vivre dans un condominium, un habitat fort développé en Amérique du Nord ou en Asie mais quasi inconnu en Europe. Il s’agit d’ensembles d’appartements ou de villas où chacun est propriétaire de son bien et, copropriétaire et responsable de la gestion des espaces communs. En fait vous vivez chez vous, mais dans un domaine hautement sécurisé, quotidiennement et minutieusement entretenu par une équipe présente 24 heures sur 24, avec des services et des facilités d’un club-hôtel : jardins fleuris, espaces verts, piscine, terrains de sport, salle de fitness, sauna, salle de fêtes et salle de jeux, espaces barbecue… Voire un restaurant, un coiffeur ou une garderie pour enfants. Si quelqu'un souhaite vous visiter il devra décliner son identité à l’entrée du domaine et vous serez prévenu par interphone. Si vous souhaitez vous prélasser au bord de la piscine, un membre du personnel viendra installer un parasol. Un mode de vie bien agréable mais assorti de règlements et d’amendes en cas d’infraction. Le coût est bien entendu fonction des services proposés mais reste raisonnable étant donné le faible niveau des salaires des employés.

 

Dans les rayons des supermarchés (même les plus grands) ou chez les petits commerçants, on est bien loin de la diversité des produits alimentaires proposés en Europe. Il est impossible de trouver une bonne baguette ou un croissant (les brésiliens mangent peu de pain), une charcuterie de qualité, un fromage digne de ce nom ou une bouteille de vin à un prix raisonnable. Les brésiliens ne sont pas de grands amateurs de vin, ils préfèrent la bière ou les alcools plus forts. De façon générale, il faut savoir que tout ce qui est importé est cher.

 

Une grande variété de légumes et de fruits locaux sont proposés à des prix nettement inférieurs qu’en France ou en Belgique et il en va de même pour la viande. Les brésiliens sont de grands carnivores et il apprécient en particulier la viande de bœuf, généralement cuite dans des barbecues ou à la broche. Dans les nombreux restaurants où pour un prix très modique, vous mangez à volonté ou payez ce que vous avez choisi selon le poids, la viande est le mets incontournable, accompagnée de crudités et de préparations à base de riz ou de manioc. Pendant le temps du déjeuner, les restaurants sont pris d’assaut par les brésiliens qui y prennent leur repas pour quelques euros.

 

Globalement, le coût de la vie est moins élevé au Brésil qu’en France ou en Belgique, d’autant que depuis un an, le réal, la monnaie locale, ne cesse de se déprécier face à l’euro et au dollar. Le coût de l’immobilier et des frais liés au logement sont nettement inférieurs, ainsi que le prix de la nourriture de base et des restaurants. Par contre, les voitures sont plus chères, de même que les produits de marque (les vêtements par exemple) et tous les produits importés. Mais c’est surtout le coût des soins de santé qui grève le budget. En fait, chaque cas est particulier comme expliqué dans une chronique de novembre 2017 sur la réalité du coût de la vie.

 

Enfin n’oubliez pas, comme j’ai tenté de l’expliquer tout au long de ces 52 chroniques, que le Brésil est un pays de la taille d’un continent. Le Brésil, c’est bien plus que les plages de sable blanc ou la forêt amazonienne, bien plus que le carnaval, la samba ou le football.

 

Jean-Pol Rihoux 

 

Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"