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La nourriture, les restos et les prix au Brésil

Qu'est ce qu'on mange au Brésil? Et combien ça coûte?

En juin 2017, j'avais écrit une chronique sur ce sujet. Le moment est venu de l'actualiser et d'apporter un complément d'informations, en particulier en ce qui concerne les restaurants.

 

Le Brésil est un pays immense, presque aussi grand que l’Europe. Si la cuisine brésilienne est très variée avec des influences africaines dans le nord-est ou italienne dans le sud, les denrées de base sont bien souvent identiques : riz, haricots, manioc. Il faut bien le dire, on est très loin de l’incroyable diversité des cuisines auxquelles on peut goûter en Europe.

 

Il y a bien entendu de très grandes tables au Brésil, principalement à São Paulo et à Rio de Janeiro. La plupart de ces restaurants très haut de gamme, propose des plats à consonances italienne, asiatique, française ou contemporaine. A São Paulo, une agglomération de plus de 20 millions d’habitants, soit le dixième de la population du Brésil, il est possible de trouver tous les types de nourriture imaginables. Par exemple, la société d’origine bruxelloise “Le Pain Quotidien” y dispose de plusieurs implantations dont certaines dans de magnifiques bâtiments.

Pas de grands amateurs de pain

Pour ma part, je vis à Goiânia (près de 1,5 million d’habitants, la dixième ville la plus peuplée du pays), la capitale de l’État de Goiás dans le centre du Brésil. S’il ne s’agit pas d’un pôle touristique, Goiânia constitue un important pôle économique régional et est somme toute, une ville assez représentative du Brésil “moyen” tant au niveau des prix qu’au niveau des aliments et de la restauration.

 

Que mange-t-on? Commençons par le petit-déjeuner. Autant vous le dire, les amateurs de baguettes craquantes ou de croissants au beurre ne trouveront pas leur compte ici, les brésiliens ne sont pas de grands amateurs de pain. La plupart du temps, le seul pain frais disponible est la “pao frances” le mal nommé “pain français”. Ces petits pains sont cuits dans des fours industriels dans les supermarchés ou ailleurs et déversés encore chauds dans de grands bacs où les gens se servent (avec de grandes pinces) et les emportent dans de fins sachets en plastique avant de passer à la caisse où ils sont pesés et payés au poids. Tant qu’ils sont frais, ces pains sont acceptables mais ils se transforment très vite en nourriture pour canards. Comme garniture, beaucoup se contentent de beurre tout simplement. Avec du café au lait et sucré.

 

Oubliez donc le “pain français” mais régalez-vous de “pao de queijo”, le pain de fromage. Il s’agit de petites boules de pain à base de farine de manioc et de fromage de lait de vache, un véritable délice surtout lorsqu’ils sont encore chauds. Originaires de l’État de Minas Gerais (les Mines Générales, un grand État du sud-est), ces boules de pain sont consommées dans tout le Brésil que ce soit le matin ou l’après-midi. Certains préfèrent diverses petites brioches, qui à mon goût sont beaucoup trop sucrées et manquent de caractère.

 

Quant au jambon cuit industriel proposé dans les grandes surfaces, il n’en vaut pas la peine et les fromages brésiliens, essentiellement du Minas Gerais, sont plutôt insipides. Dans les supermarchés, il faut éviter les produits surgelés tels que pizzas, lasagnes et autres produits préparés, ils coûtent chers (prix supérieurs aux prix belges ou français) et sont sans saveur. Les produits alimentaires de grandes marques internationales, comme Danone par exemple, sont affichés à des prix similaires, voire supérieurs aux prix européens.

 

Côté fruits et légumes, c’est tout différent. Les fruits et les légumes locaux abondent et ont des saveurs inconnues en Europe à cause du mûrissement lors du transport : ananas (2 variétés sont généralement proposées), bananes (5 variétés), mangues, fruits de la passion, papayes, pastèques, citrons verts, oranges et mandarines (souvent vertes, mais moins goûteuses que celles qui proviennent du sud de l’Europe), patates douces, poivrons, tomates, carottes, aubergines, oignons… Ainsi que d’autres légumes verts (de la famille des courgettes ou des haricots) inconnus chez nous. La quasi totalité de ces fruits et légumes affichent des prix au kilo de l'ordre de 1 euro. Une fois par semaine, les supermarchés offrent sur un type de denrées en particulier, de grosses ristournes. C'est le cas pour certains fruits et légumes : les prix sont pratiquement divisés par deux. 

La viande est bon marché

Un autre produit est bon marché : la viande. Dans les boucheries ou dans les rayons boucherie des supermarchés, on choisit la pièce de viande dans laquelle un morceau sera découpé et haché sur place si souhaité. La viande est à l’honneur au Brésil et en premier lieu la viande de bœuf qui est de qualité et très goûteuse ; il faut compter de 3 à 10 (filet mignon) euros le kilo. Notez que dans le centre du pays, les poissons de rivières (tucunaré, pintada) sont proposés à des prix plus élevés que la viande.

 

Viande, fruits et légumes frais, haricots rouge ou noir, riz : il est possible de bien manger chez soi, pour pas cher au Brésil. Détail anecdotique, lorsque vous êtes invités à manger chez quelqu’un (bien souvent pour un barbecue), la coutume ici veut que vous apportiez ce que vous allez boire. Chaque personne boit la boisson qu’il a apportée, pas celle d’un autre.

 

Il y a de très bonnes bières au Brésil, les marques les plus connues sont Antarctica, Skol et Brahma. Voyez mon article consacré au "Top 10" des bières les plus consommées au Brésil. Comptez 50 centimes d’euro pour une canette de 35 centilitres. Le vin est plus cher qu’en Europe, même pour une bouteille de vin chilien ou argentin : comptez 6 euros pour un vin correct, le moins cher, pour autant qu’il soit en promotion. Idem pour les alcools, whisky, tequila, vodka…

 

Retenez bien une chose, tout ce qui est importé au Brésil coûte cher. Et cela vaut pour tous les produits. Il est pourtant possible de boire un coup sans se ruiner. Les amateurs de caïpirinhas connaissent sans doute la marque de cachaça "51", l'alcool brésilien de base pour ce cocktail. En France ou en Belgique, la bouteille est vendue une vingtaine d’euros. Ici la bouteille d’un litre coûte 3 euros. Et puisqu’on boit un verre, certains auront peut-être envie de fumer. Encore une bonne nouvelle, ici les cigarettes coûtent trois fois moins cher qu’en Belgique.

 

Malgré le faible niveau des salaires de la majeure partie de la population (le salaire minimum est de l'ordre de 250 euros), beaucoup de brésiliens prennent leurs repas de midi à l’extérieur. 

Snacks, buffets et restaurants

Echoppes, snacks, kiosques : les lanchonetes

Pour quelques euros, on y mange différents “salgados", "coxinhas" ou "pasteis", c’est-à-dire des beignets ou des chaussons à la viande, poulet, légumes, fromage… Une brochette de bœuf ou de poulet accompagnée de riz, d’une salade de tomates et de manioc vous coûtera 3 euros.

 

Fast Food

Dans les grandes villes, les commerces sont concentrés dans d'immenses "shopping centers". Chaque centre commercial dispose d'un vaste espace regroupant des dizaines de Fast Food : les grandes enseignes américaines mais également des enseignes brésiliennes plus adaptées aux goûts brésiliens (riz, manioc, haricots). Prix moyen : 5 euros par personne

 

Buffets à volonté

Au choix, du plus simple ou plus somptueux. Pour moins de 5 euros vous pouvez manger à volonté des salades, quelques plats préparés et des viandes grillées. Et pour une vingtaine d'euros, de luxueux restaurants proposent de magnifiques buffets chauds et froids.

 

Rodizio

Le plus souvent avec des buffets à volonté. Des serveurs circulent dans la salle et vous servent à table, différentes viandes. Le long des côtes, il existe des rodizios de fruits de mer, en particulier de crevettes. De 10 à 25 euros par personne. 

 

"Ao kilo"

Très populaire au Brésil : vous vous servez à des buffets chauds et froids et au grill, vous choisissez de la viande parmi les nombreux pièces proposées par le rôtisseur. Ensuite vous payez selon le poids de votre assiette. Entre 5 et 10 euros par personne.

 

Restaurants traditionnels

Bien souvent des restaurants semi-ouverts avec de grandes terrasses couvertes. Retenez que les plats proposés à la carte sont pour deux personnes. Toujours très copieux. C'est dans ces restaurants que le plat national, la feijoada (viandes mijotées avec des haricots noir et servies avec du riz) est traditionnellement servie le samedi midi. Il faut compter de 15 à 25 euros pour deux personnes.

 

Restaurants haut de gamme

A midi en semaine, des menus trois services "executive", sont servis pour une quinzaine d'euros par personne et c'est pratiquement les seuls endroits où vous trouverez du vin. Il faut compter une vingtaine d'euros (à peine plus cher que dans les commerces) pour un bon vin argentin, chilien ou portugais. Un service de 10% est compté en sus des prix affichés.

 

Jean-Pol Rihoux