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Les cycles historiques de l'économie du Brésil

Les cycles historiques de l'économie du Brésil

Les cycles historiques de l'économie du Brésil

Les grands cycles économiques du Brésil ont été caractérisés par la prédominance d'une activité qui éclipsait toutes les autres, il s'agit de périodes où toute l'économie du pays reposait sur l'essor d'un seul produit. Ces époques ont marqué l'histoire du Brésil, engendré de grandes richesses, des récessions brutales et provoqué de fortes vagues d'immigration.

Dans l'histoire économique du Brésil, on distingue 6 grands cycles historiques:

  • cycle de l'arbre Pau-Brasil: 1500 - 1530 (régions côtières, principalement la région Nord-Est)
  • cycle de la canne à sucre: 1530 - fin 17e (régions côtières, principalement la région Nord-Est )
  • cycle de l'or: 1690 - fin 18e (principalement Etat de Minas Gerais dans la région Sud-Est)
  • cycle du coton: fin 18e - début 19e (principalement la région Nord-Est)
  • cycle du café: début 19e - 1929 (principalement Etats de São Paulo et de Rio de Janeiro  dans la région Sud-Est)
  • cycle du caoutchouc: 1879 - 1912 et 1942 - 1945 (exclusivement la forêt amazonienne dans la région Nord)

Le cycle de l'arbre pau-brasil

Lorsque les portugais ont découvert le pays en l'an 1500, ils ont observé que les indigènes utilisaient le bois d'un arbre appelé "Pau Brasil" pour teindre les tissus en rouge. Cet arbre a donné son nom au pays.

Ce bois a été le premier produit exporté vers l'Europe, il était très apprécié pour les teintures. Jusqu'en 1530, les portugais ont fait abattre par les indigènes des forêts entières de ces arbres très abondants dans les régions littorales, au point d'entrer dans une phase d'extinction.


Le cycle de la cane à sucre

Les premières tentatives pour trouver de l'or se révélant infructueuses, les portugais adoptèrent une économie basée sur la production de biens agricoles destinés à l'exportation vers l'Europe. La canne à sucre fut la première grande richesse agricole et industrielle du brésil, la base de l'économie coloniale jusqu'à la découverte de gisements d'or.

Des esclaves indigènes étaient utilisés dans les vastes plantations où les canes étaient récoltées et ensuite pressées pour récolter le sucre. Très vite, les portugais vont commencer à importer des esclaves noirs africains. Le Brésil fut le dernier pays d’Amérique à abolir l’esclavage en 1888, soit 23 ans après les États-Unis, Le Brésil est le pays qui a importé le plus d'esclaves originaires d'Afrique. Entre 1550 et 1850, environ 5,5 millions d'africains furent déportés vers le Brésil, soit 40 % du total.

A partir de la moitié du 17e, les hollandais et les français commencent à produire du sucre aux Antilles, situées beaucoup plus près de l'Europe, entraînant une baisse du prix du sucre. Et en 1690, de l'or fut découvert au Brésil.


Le cycle de l'or

Dans les années 1690, des aventuriers découvrent de l'or dans une région montagneuse située dans le Sud-Est du pays, l'Etat de Minas Gerais (les Mines Générales). Ce fut le début de la ruée vers l'or, la première de l’ère moderne. Entre 1690 et la fin du 18e siècle, la population du Brésil est passée de 300.000 à 3 millions d’habitants. Durant cette période, plusieurs villes sont fondées. Vila Rica, actuellement Ouro Preto (Or Noir) devient rapidement une ville très prospère et vers 1750, elle comptait plus d'habitants que Rio de Janeiro ou que New York.

C'est de cette époque que date le déplacement du centre de la vie économique et politique du Nord-Est vers le Sud-Est. En 1763, Rio de Janeiro devint la nouvelle capitale du Brésil à la place de Salvador.

Très peu d’or extrait du Brésil y est resté, les richesses du territoire étaient envoyées directement au Portugal. Cela explique les rébellions contre la couronne portugaise.

Avant la fin du 18e siècle, les gisements de métaux précieux s’épuisèrent, entrainant le fin brutale du cycle de l'or et les villes furent désertées. De cette époque où l’or et le diamant affluaient, subsistent les cités coloniales, les plus belles et les mieux conservées du Brésil.


Le cycle du coton

Cette période se situe entre le déclin de l'extraction de minerais précieux et le boom du café brésilien. Les gissements d'or et de diamants épuisés, il a fallu revenir à la production de biens agricoles.

La révolution industrielle avait été  initiée en Angleterre et les fabriques de textiles nécessitaient de grandes quanrtités de matières premières. A l'époque les Etats-Unis étaient le premier producteur mondial de coton mais les tensions avec l'Angleterre ont permis au Brésil de devenir le premier exportateur de coton.

Mais la concurrence mondiale, l'apaisement des tensions entre  anglais et américains et la culture du café ont entraîné la fin de la fièvre du coton brésilien.


Le cycle du café

En 1727, les premières semences de café sont arrivées au Brésil, à Belém la capitale de l'Etat de Pará, en provenance des Guyanes Française et Hollandaise voisines. Les européens cherchaient à cultiver le café, originaire d'Ethiopie, dans le nouveau monde.

A partir du début du 19e la culture du café a intéressé les grands propriétaires et il s'est avéré que le climat et les sols de la région du Sud-Est étaient propices à sa culture. Très rapidement de produit secondaire,  le café est devenu le produit emblématique du Brésil. A partit des années 1850, le café représentait 70% du PIB du Brésil et 40% de la production mondiale. 

Vers les années 1870, à débuté l’immigration massive d’européens non portugais, principalement les italiens, pour remplacer les esclaves qui travaillaient dans les plantations. L'esclavage a été aboli en 1888 au Brésil. Cette immigration européenne est à la base du développement des grands centres urbains du Sud-Est comme Rio de Janeiro et São Paulo. 

La crise de 1929, a entraîné une brutale chute des cours, de la demande et des exportations.

Aujourd'hui, le Brésil est toujours le premier producteur de café de la planète. En terme de valeur, les exportations de café ne représentent que 2% du total des produits brésiliens exportés.


Le cycle du caoutchouc

Ce cycle économique a été limité à la forêt amazonienne et aux années de 1879 à 1912.

A partir de la seconde moitié du 19e siècle, le développement de l'usage du caoutchouc exigeait de grandes quantité de latex et la seule espèce qui pouvait produire un latex de haute qualité et en quantité suffisante était un arbre qui poussait uniquement dans la forêt amazonienne. Des industriels américains et européens s'y précipitèrent et de grandes fortunes ont vu le jour. A la fin du 19e siècle, Manaus, la capitale de l'Etat d'Amazonas, était la ville la plus développée et prospère du Brésil: éclairage public, tramway électrique et édifices luxueux. De cette époque date également le développement de Belém, capitale de l'Etat de Para, face à la Baie de Guajará.

Mais des graines d’hévéa furent sorties frauduleusement du Brésil. Ce fut le point de départ des plantations à grande échelle dans le Sud-Est Asiatique. Ces plantations avec des prix moins élevés, ont détrôné le caoutchouc d’Amazonie. L'année 1912 marque la fin de le fièvre du caoutchouc au Brésil.

Les exploitations furent complètement abandonnées et les travailleurs (originaires principalement de la région Nord-Est) sans perspectives d'avenir ont commencé à s'agglutiner à la périphérie des centres urbains et à former les favelas des grandes villes du Nord, Manaus et Belém.

Il y eut pendant la seconde guerre mondiale, entre 1942 et 1945, une éphémère période de prospérité lorsque les japonais envahirent le Pacifique Sud et les zones caoutchoutières d'Asie du sud-est.