L'Etat de Goiás, au coeur du Brésil

Entre Goiânia et Pirenopolis - L'Etat de Goiás, au cœur du Brésil
Entre Goiânia et Pirenopolis

L'Etat de Goiás, au cœur du Brésil

Prenez un pays grand comme l’Allemagne et expulsez plus de 90% de sa population : cela vous donne une idée de la superficie et du nombre d’habitants (6,5 millions) de l’État de Goiás.

 

Sur le plan administratif, le Brésil est découpé en cinq grandes régions. Le “Nordeste” regroupe neuf États, dont Bahia, et longe l’océan atlantique. Le “Norte”, la région la plus vaste, est constitué de sept États dont le fameux Amazonas. Le “Sudeste”, quatre États, est la région la plus riche et la plus peuplée, avec notamment les États de Rio de Janeiro et de São Paulo. Les noms de Rio de Janeiro et de São Paulo désignent des villes mais également des États. Le “Sul”, le sud comprend trois États situés aux frontières avec le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay et est considéré comme l’Europe brésilienne. Sur les reliefs, le gel et la neige sont choses courantes en hiver (de juin à septembre).

 

Enfin, la région “Centro-Oeste” réunit trois États, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Goiás et le District fédéral, c’est-à-dire Brasilia et ses alentours, enclavé dans l'État de Goiás.

Le bout du monde du Brésil

L'État de Goiás est situé au centre du Brésil et c’est la raison pour laquelle cet État a été choisi pour y implanter en 1960 un District fédéral avec une nouvelle capitale, Brasilia. Au début du 20e siècle, les activités économiques du Brésil étaient concentrées le long des côtes ou à proximité de celles-ci et la capitale du pays était Rio de Janeiro. La volonté des autorités de l’époque avait été de développer l’intérieur du pays.

 

La capitale actuelle de l’État de Goiás est Goiânia, une ville fondée en 1933. En 1950, la population était de 50.000 habitants, en 1980, 700.000 et aujourd'hui près de 1,5 million. L’agglomération compte 2,5 millions d’habitants et l’axe Goiânia Brasilia qui fait 200 kilomètres, est le troisième pôle économique du pays (après São Paulo et Rio) avec plus de 6 millions d’habitants.

 

La population de l’État est donc fortement concentrée dans l’agglomération de Goiânia et le reste de l’État est peu peuplé et très rural. D’immenses cultures, principalement de soja et de très vastes élevages de bovins gagnent de plus en plus de terrains sur le Cerrado, la savane qui occupe les haut-plateaux du centre du Brésil.

 

Retour en arrière : en l’an 1500 les portugais débarquent au Brésil et une petite centaine d’années plus tard, ils commencent à explorer l’État actuel de Goiás. La région, à près de mille kilomètres des côtes, vaste maquis parsemé de petites chaînes montagneuses aux pentes escarpées, marquait quasiment le bout du monde pour les envahisseurs portugais. Et au-delà, s’étend la plus vaste zone humide de la planète, le Pantanal.

 

Remarquons qu’il a fallu attendre la fondation de Goiânia en 1933 et plus encore la création de Brasilia en 1960 pour que l’État de Goiás sorte de sa léthargie et quitte le statut de contrée sous-peuplée exclusivement rurale. Comme le “Far West” aux États-Unis, le Brésil a connu à partir des années 1930, une “marche vers l’ouest”, les autorités voulaient développer les immenses territoires quasiment inoccupés de l’ouest. A la proclamation de la république en 1889, la région de Goiás devient officiellement l’État de Goiás. A l’époque, il occupait le double de sa superficie actuelle ; en 1988, il a été scindé en deux parties, le nord devenant l’État de Tocantins. Toujours dans un esprit de développement de territoires moins favorisés.

 

Mais revenons au début des années 1700, lorsque les portugais commencent à exploiter de façon intensive les filons de métaux précieux. La plupart des petites cités coloniales typiques qui subsistent dans le pays datent de cette époque. Les plus remarquables dans l’État de Goiás sont Goiás Velho et Pirenópolis. Goiás Velho (Goiás le Vieux) a été fondé dans les années 1720 et a conservé intacts ses églises baroques et ses bâtiments anciens. Les façades des maisons et même les pavés sont d’époque, une véritable ville musée. L’ensemble est d’ailleurs classé au Patrimoine historique de l’Humanité de l’Unesco. Cette petite ville de 25.000 habitants est située à l’ouest de l’État de Goiás et en a été la capitale jusqu’en 1937. L’endroit est particulièrement tranquille, perdu en pleine nature, dans la Serra Dourada, des montagnes aux reflets dorés, loin des grandes villes et de l’animation.  

Des lieux de villégiature peu connus des étrangers

Autre cité historique, mais beaucoup plus animée : Pirenopolis. Située à mi-distance de Brasilia et de Goiânia, la petite ville coloniale devient très festive les week-ends et réunit les jolies filles de Goiânia (il paraît que ce sont les plus belles du Brésil) et les fonctionnaires fédéraux de Brasilia, des emplois prestigieux au Brésil. Si Pirenopolis est célèbre pour ses terrasses animées dans un décor colonial et pour ses églises baroques, la ville est également connue pour ses nombreuses et impressionnantes chutes d’eau situées dans les collines aux alentours. Parmi les plus remarquables, le Salto de Corumba a fait l’objet de la page de couverture du célèbre magazine “National Geographic” il y a près de deux ans.

 

En terme de fréquentation touristique, l’État de Goiás peut s'enorgueillir de compter la dixième destination touristique la plus populaire du pays : Caldas Novas. J’ai consacré un article précédent à cette localité fameuse pour ses piscines thermales et ses parcs aquatiques.

 

Pour terminer, il ne faut pas oublier tout au nord de l’État, à plus de 400 kilomètres de Goiânia, le parc national de “Chapada Das Veadeiros”, une contrée sauvage et préservée de moyenne montagne (altitude maximale : 1.800 mètres) creusée de profonds canyons avec des chutes d’eau de plus de 100 mètres. Cette destination, parmi les meilleurs au Brésil pour l’écotourisme est classée au Patrimoine mondial naturel de l’Unesco.

 

Jean-Pol Rihoux