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Pirenopolis, la Ville des Pyrénées du Brésil

Brésil: Pirenopolis, la Ville des Pyrénées, délicieuse petite cité historique
Pirenopolis

Pirenopolis, la ville des Pyrénées, délicieuse petite cité historique du Brésil

L’indépendance du Brésil a été proclamée le 7 septembre 1822 et depuis 1949, le 7 septembre est la date de la fête nationale. Cette année c’est un jeudi, une excellente occasion pour passer un long week-end à Pirenopolis, “Piri” pour les intimes.

 

La cité, une des plus anciennes de l’État de Goiás, a été fondée dans les années 1720 par des chercheurs d’or portugais sous le nom de “Minas de Nossa Senhora do Rosário Meia Ponte”. En 1890 le nom fut modifié en Pirenopolis, à savoir la Ville "dos Pireneus", du nom du massif montagneux qui entoure la localité. Et Pireneus, en portugais signifie Pyrénées. Ce sont des espagnols catalans originaires des Pyrénées qui ont donné le nom à ces collines.

 

A 150 kilomètres de Brasilia (l’agglomération fait 3 millions d’habitants) à l’est et à 120 kilomètres de Goiânia (agglomération : près de 2,5 millions d’habitants) au sud, la petite ville historique est idéalement située pour faire le plein d’amateurs de culture, d’histoire, d’écotourisme, de pousadas de charme et de soirées festives dans un décor colonial.

 

L’endroit est magnifique, imaginez une petite ville ancienne traversée par une rivière, faite de constructions basses de style colonial ou néo-classique, alignées dans des allées pavées en pente douce, le tout dans un cadre de collines à la végétation luxuriante. Depuis la fondation de Brasilia en 1960, l’activité touristique à Pirenopolis a connu une très forte expansion et aujourd’hui la ville est sans conteste, le deuxième pôle touristique de l’État de Goiás, après l’incontournable Caldas Novas (voir mon article du mois de juin).

 

Pirenopolis (25.000 habitants) compte des dizaines de pousadas (petits hôtels de caractère) toutes plus jolies les unes que les autres, dont certaines de grand luxe. Les restaurants et bars sont tous logés dans des bâtiments historiques de charme qui fort heureusement n’ont pu être dénaturés en raison des règles de conservation du patrimoine historique architectural. Boire une bière glacée, près de la rivière ou sur une place face à une des trois églises coloniales toutes en longueur (la plus ancienne date de 1730), reste un moment de pur bonheur. Et en levant la tête, on peut apercevoir le vol d’un toucan ou de nombreux perroquets verts et dans les arbres, une multitude d’oiseaux inconnus en Europe.

 

Chaque année à la pentecôte depuis 1826, ont lieu pendant trois jours de grandes cavalcades, parmi les plus fameuses du Brésil, dans un vaste espace dédié à cet évènement. Les participants arborent de grandioses masques à tête de bœuf. Partout dans la ville d’ailleurs, on peut apercevoir des statues fortes en couleurs de personnes affublées d’une tête de bœuf avec de grandes cornes. Un musée est consacré à cette manifestation : on y trouve des habits d'apparat, des masques et de nombreux objets liés à la culture et aux traditions locales.

 

Il y a également à Pirenopolis un musée que l’on ne s’attend pas à trouver dans un tel endroit : le musée “Rodas do Tempo”, les “Roues du Temps”. Il s’agit d’une collection privée qui comporte près de 200 véhicules anciens à deux roues, principalement des motos, de marques européenne, japonaise, américaine et brésilienne.

 

Pour les amateurs d’écotourisme, les principales attractions de Pirenopolis se trouvent en dehors de la ville : une dizaine d'impressionnantes chutes d’eau perdues dans les collines environnantes à la végétation luxuriante. De même que la réserve naturelle “Dos Pireneus”, dominée par le “Pico dos Pireneus”, le Pic des Pyrénées qui culmine à 1.385 mètres.

 

Découvrir les cascades n’est pas simple. Tout d’abord, il faut emprunter des chemins de terre sur plusieurs kilomètres et ensuite, il faut marcher, parfois pendant plusieurs heures. A une exception près, les sentiers font plusieurs kilomètres, toujours au milieux de la végétation tropicale. A l’arrivée le spectacle en vaut la peine, certaines chutes d’eaux sont très larges avec une multitude de petites cascades et d’autres jaillissent d'une falaise sur une hauteur allant jusqu’à 70 mètres.

 

La plus spectaculaire de toutes se trouve à une vingtaine de kilomètres de Pirenopolis, le “Salto Corumba”. La cascade principale a été immortalisée en décembre 2015 : elle a fait la page de couverture du célèbre magazine “National Geographic Traveler”. Petite diversion : vous ne trouverez aucune allusion quelconque sur Pirenopolis ou ses environs dans la Guide Vert Michelin ou dans le Guide du Routard.

 

Le site est grandiose, de la route on aperçoit au loin le vaste cirque de la rivière Corumba d’où dévalent les eaux, moins impétueuses en ce mois de septembre car les dernières pluies remontent à plus de quatre mois! Le site est composé de 7 cascades dont le majestueux, très large et puissant Salto Corumba qui fait 50 mètres de hauteur. Pour atteindre le bas de la chute principale, deux possibilités : une piste de plusieurs kilomètres par le côté est et une autre, difficile, de plus ou moins un kilomètre à l’ouest. J’ai opté pour la deuxième solution, et à une centaine de mètres du but, j’ai renoncé. Un vautour perché sur un arbre pas loin m’observait, moi le gringo peinant sur une piste très pentue faite d’escaliers rudimentaires en bois et de portions de pierres coupantes. Le tout sous une température de 35°, au milieu d’une savane arborée desséchée par le manque de pluie. Je reviendrai… Par l’autre côté.

 

Pour mes lecteurs assidus, cette même rivière Corumba alimente la retenue d’eau au sud de Caldas Novas, autour de laquelle se construisent actuellement une multitude d’hôtels et d’appartements de tourisme.

 

Jean-Pol Rihoux