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Qu'est-ce qu'on mange et combien ça coûte?

Petit-déjeuner à Pirenopolis
Petit-déjeuner à Pirenopolis

Voilà bien deux préoccupations majeures pour toute personne qui s’installe à l’étranger ou qui souhaite y résider quelques temps.

 

Le Brésil est un pays immense, presque aussi grand que l’Europe. Si la cuisine brésilienne est très variée avec des influences africaines dans le nord-est ou italienne dans le sud, les denrées de base sont identiques : riz, haricots, manioc… Il faut bien le dire, on est très loin de l’incroyable diversité des cuisines auxquelles on peut goûter en Europe.

 

Il y a bien entendu de très grandes tables au Brésil. Le guide “Quatro Rodas”, l’équivalent de notre guide Michelin, recense une bonne trentaine de 2 et 3 étoiles pour tout le pays, dont plus de 20 pour la seule ville de São Paulo et 5 à Rio. Quant au fameux guide rouge dans son édition 2017, il dénombre 13 étoilés à São Paulo et 6 à Rio. La plupart de ces restaurants très haut de gamme, proposent des plats à consonances italienne, asiatique, française ou contemporaine.

 

A São Paulo, une agglomération de plus de 20 millions d’habitants, soit le dixième de la population du Brésil, il est possible de trouver pratiquement tout type de nourriture imaginable. Par exemple, la société d’origine bruxelloise “Le Pain Quotidien” y dispose de cinq implantations dont certaines dans de magnifiques bâtiments. Pour mémoire, l’enseigne est également présente à Rio et à Brasilia.

 

Pour ma part, je vis à Goiânia (près de 1,5 million d’habitants), la capitale de l’État de Goiás dans le centre du Brésil. S’il ne s’agit pas d’un pôle touristique, Goiânia constitue un pôle économique régional et est somme toute, une ville assez représentative du Brésil “moyen” tant au niveau des prix qu’au niveau des aliments et de la restauration.

 

Que mange-t-on? Commençons par le petit-déjeuner. Autant vous le dire, les amateurs de baguettes craquantes ou de croissants au beurre ne trouveront pas leur compte ici, les brésiliens ne sont pas de grands amateurs de pain. La plupart du temps, le seul pain frais pain disponible est la “pao frances” le mal nommé “pain français”. Ces petits pains sont cuits dans des fours industriels dans les supermarchés ou ailleurs et déversés encore chauds dans de grands bacs où les gens se servent (avec de grandes pinces) et les emportent dans de fins sachets en plastique avant de passer à la caisse où ils sont pesés et payés au poids. Tant qu’ils sont frais, ces pains sont acceptables mais ils se transforment très vite en nourriture pour canards! Comme garniture, beaucoup se contentent de beurre tout simplement. Avec du café au lait et sucré.

 

Oubliez donc le “pain français” mais régalez-vous de “pao de queijo”, le pain de fromage. Il s’agit de petites boules de pain à base de farine de manioc et de fromage de lait de vache, un véritable délice surtout lorsqu’ils sont encore chauds. Originaires de l’État de Minas Gerais (les Mines Générales, un grand État du sud-est), ces boules de pain sont consommées dans tout le Brésil que ce soit le matin ou l’après-midi. Certains préfèrent diverses petites brioches, qui à mon goût sont beaucoup trop sucrées et manquent de caractère. Quant au jambon cuit industriel proposé dans les grandes surfaces, il n’en vaut pas la peine et les fromages brésiliens, essentiellement du Minas Gerais, sont plutôt insipides.

 

Côté fruits et légumes, c’est tout différent! Les fruits et les légumes locaux abondent et ont des saveurs inconnues en Europe à cause du mûrissement lors du transport : ananas (2 variétés sont généralement proposées), bananes (5 variétés), mangues, fruits de la passion, papayes, pastèques, citrons verts, oranges et mandarines (souvent vertes, mais moins goûteuses que celles qui proviennent du sud de l’Europe), patates douces, poivrons, tomates, carottes, aubergines, oignons… Ainsi que d’autres légumes verts (de la famille des courgettes ou des haricots) inconnus chez nous. La quasi totalité de ces fruits et légumes affichent des prix au kilo inférieurs à un euro. Une fois par semaine, les supermarchés offrent sur un type de denrées en particulier, de grosses ristournes. A chaque jour, sa promotion : ainsi chez Carrefour par exemple, le samedi, la deuxième bouteille d’un même vin est souvent à 50%. Le mardi ou le mercredi dans beaucoup de grandes surfaces, les prix sur certains fruits et légumes sont pratiquement divisés par deux.

 

Un autre produit est bon marché : la viande. Dans les boucheries ou dans les rayons boucherie des supermarchés, on choisit la pièce de viande dans laquelle un morceau sera découpé et haché sur place si souhaité. La viande est à l’honneur au Brésil et en premier lieu la viande de bœuf qui est de qualité et très goûteuse ; il faut compter de trois à dix (filet mignon) euros le kilo.

 

Viande, fruits et légumes frais, haricots rouge ou noir, riz : il est possible de bien manger, chez soi, pour pas cher au Brésil. Détail anecdotique, lorsque vous êtes invités à manger chez quelqu’un (bien souvent pour un barbecue), la coutume ici veut que vous apportiez ce que vous allez boire. Chaque personne boit la boisson qu’il a apportée, pas celle d’un autre!

 

Dans les supermarchés, il faut éviter les produits surgelés tels que pizzas, lasagnes et autres produits préparés, ils coûtent chers (prix supérieurs aux prix belges ou français) et sont sans saveur. Les produits alimentaires de grandes marques internationales, comme Danone par exemple, sont affichés à des prix similaires, voire supérieurs aux prix européens. Des prix prohibitifs quand on sait qu’ici au Brésil, le salaire minimum, le salaire de beaucoup de brésiliens, est de l’ordre de trois cents euros par mois.

 

Il y a de très bonnes bières au Brésil, les marques les plus connues sont Antarctica, Skol et Brahma. Comptez 50 centimes d’euro pour une canette de 35 centilitres. Le vin est plus cher qu’en Europe, même pour une bouteille de vin chilien ou argentin : comptez six euros pour un vin correct, le moins cher, pour autant qu’il soit en promotion. Idem pour les alcools, whisky, tequila, vodka… Retenez bien une chose, tout ce qui est importé au Brésil coûte cher. Et cela vaut pour tous les produits.

 

Il est pourtant possible de boire un coup sans se ruiner. Les amateurs de caïpirinhas connaissent sans doute la marque de cachaça, alcool brésilien de base pour ce cocktail, “51” (ne pas confondre avec le pastis). En France ou en Belgique, la bouteille est vendue une vingtaine d’euros. Ici la bouteille d’un litre coûte trois euros. Et puisqu’on boit un verre, certains auront peut-être envie de fumer. Encore une bonne nouvelle, ici les cigarettes coûtent trois fois moins cher qu’en Belgique.

 

Malgré le faible niveau des salaires de la majeure partie de la population, beaucoup de brésiliens prennent leurs repas à l’extérieur. Certains mangent sur le pouce dans de petites échoppes et je puis vous dire que c’est délicieux et pas cher. Pour quelques euros, on y mange différents “salgados”, c’est-à-dire des petits beignets ou chaussons à la viande, poulet, maïs, fromage… Une brochette de bœuf ou de poulet accompagnée de riz, d’une salade de tomates et de manioc vous coûtera trois euros.Pour quelques euros en plus, vous pouvez mangez dans un buffet tout compris, un restaurant ou vous payez au kilo ou dans un restaurant plus traditionnel où les prix affichés à la carte sont pour deux personnes. Toujours très copieux… Mais je vous expliquerai tout cela dans un prochain article.

 

Jean-Pol Rihoux

 

Extrait de "52 chroniques pour découvrir le Brésil"