Les favelas au Brésil sont des quartiers d'habitat informel où vivent plusieurs millions de personnes. Nées à Rio de Janeiro à la fin du XIXe siècle, elles mêlent précarité, violence liée au trafic et vie communautaire intense, et ne se comprennent qu'à travers l'histoire des inégalités du pays.
Les favelas sont des quartiers informels qui abritent entre 11 et 14 millions de Brésiliens, selon les estimations. Nées à Rio de Janeiro à la fin du XIXe siècle lors des migrations de soldats démobilisés de la guerre de Canudos, elles se sont multipliées dans tout le Brésil au fil des décennies d'exode rural. Rocinha, la plus grande favela du Brésil avec plus de 70 000 habitants, occupe une colline entière de la Zona Sul de Rio de Janeiro, entre les quartiers chics de São Conrado et Gávea.
D'où vient le mot favela
Le nom viendrait d'une plante épineuse du sertão de Bahia, la favela, qui poussait sur les collines où combattaient les soldats pendant la guerre de Canudos. De retour à Rio, faute de logement promis par le gouvernement, ces soldats s'installèrent sur le morro da Providência, qu'ils surnommèrent morro da Favela. Le terme s'est ensuite étendu à tous les quartiers construits sans titre de propriété sur les pentes et les terrains délaissés. Aujourd'hui, beaucoup d'habitants préfèrent le mot comunidade, communauté, jugé moins stigmatisant.
La réalité sociale et la vie dans les favelas
Les favelas brésiliennes ne se réduisent pas aux clichés de violence et de pauvreté véhiculés par les médias. Ces communautés sont souvent dotées d'un tissu social très fort, d'une vie culturelle intense (samba, funk carioca, pagode) et d'une économie locale dynamique. Des programmes comme les Unités de Police de Pacification (UPP) à Rio et des initiatives de développement social ont transformé certaines favelas en quartiers vivants et créatifs.
Le bilan de ces politiques reste discuté : la pacification a reculé dans plusieurs quartiers, et la présence de groupes armés, trafiquants ou milices, pèse toujours sur la vie quotidienne de nombreux habitants. Les questions d'assainissement, de risques de glissement de terrain lors des fortes pluies et d'accès aux services publics restent au cœur des revendications des associations d'habitants.
Le tourisme en favela s'est développé dans les années 2000, notamment à Rocinha et dans les favelas de Santa Marta et Vidigal à Rio. Ces visites guidées, organisées par des associations locales, permettent une immersion respectueuse dans la culture des communautés et génèrent des revenus pour les habitants. Comprendre les favelas, c'est comprendre une partie essentielle de l'identité brésilienne, de ses inégalités historiques et de la résilience de ses populations les plus vulnérables.
Visiter de façon responsable
Une visite ne s'improvise pas. Il vaut mieux passer par un guide qui vit dans la communauté ou par une association locale, qui connaît la situation du jour et reverse une partie des recettes au quartier. On demande toujours l'autorisation avant de photographier les habitants, et l'on évite les visites en véhicule qui transforment les rues en décor. La situation peut changer rapidement : les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères et les informations locales du moment priment sur tout guide écrit.
Pour aller plus loin dans l'histoire du pays
Les favelas s'inscrivent dans une histoire plus large, que la page sur l'histoire du Brésil et ses grandes dates retrace, tout comme celle de l'immigration italienne au Brésil, qui a façonné d'autres quartiers populaires des grandes villes.
















