Rio de Janeiro est la deuxième ville du Brésil et sa destination touristique la plus visitée. Bâtie entre la baie de Guanabara, l'océan et des pitons rocheux couverts de forêt, elle réunit sur quelques kilomètres le Christ Rédempteur, le pain de sucre et les plages de Copacabana et d'Ipanema. On y passe d'une plage urbaine à un sommet de granit en une demi-heure, et son carnaval attire chaque année des voyageurs du monde entier. Ce guide rassemble ce qu'il faut savoir avant de visiter Rio : quartiers, sites incontournables, saisons, transports et conseils des cariocas.
En bref
- Rio de Janeiro est la deuxième ville du Brésil et sa destination touristique la plus visitée.
- Bâtie entre la baie de Guanabara, l'océan et des pitons rocheux couverts de forêt, elle réunit ses sites majeurs sur quelques kilomètres.
- Le climat inverse celui de l'Europe : l'été austral, de décembre à mars, est chaud et humide, la saison sèche va de juin à septembre.
Comprendre la géographie de Rio de Janeiro
Rio de Janeiro ne se visite pas comme une ville de plaine. Le relief de Rio de Janeiro y découpe des zones distinctes, séparées par des tunnels et des montagnes, et savoir où l'on met les pieds change entièrement l'expérience du voyage.
La Zona Sul concentre l'essentiel de ce que cherche un visiteur : Copacabana et Ipanema, puis Leblon, Botafogo et Flamengo s'y succèdent le long du littoral. C'est là que se trouvent la plupart des hébergements, et la zone la plus simple à parcourir à pied.
Le Centro est le cœur historique et administratif. Animé en semaine, il se vide le soir et le week-end. On y trouve les églises coloniales, les musées et les grandes avenues du Rio du dix-neuvième siècle.
La Zona Norte, plus populaire et plus étendue, abrite le stade Maracanã et le Sambodrome. La Barra da Tijuca, à l'ouest, est un quartier récent de tours et de centres commerciaux, avec une plage de près de vingt kilomètres, moins fréquentée que celles du sud.
Entre ces zones s'étend la forêt de Tijuca, l'une des plus grandes forêts urbaines du monde. Cette présence de la nature en pleine ville explique la silhouette si particulière de Rio de Janeiro, et le fait qu'on aperçoive la jungle depuis un balcon d'immeuble.
Le Christ Rédempteur et le Corcovado
La statue du Christ Rédempteur domine Rio de Janeiro depuis le sommet du Corcovado, à sept cent dix mètres d'altitude. Haute de trente mètres sans son socle, inaugurée en 1931, elle a été désignée en 2007 parmi les sept nouvelles merveilles du monde.
Pour le visiter, trois accès existent : le petit train à crémaillère qui grimpe depuis le quartier de Cosme Velho, les navettes officielles, et la marche depuis le parc pour les plus sportifs. Le train reste le plus agréable, la montée traversant la forêt.
Le point décisif est l'heure. Le sommet est souvent pris dans les nuages en milieu de journée, surtout en été. Un ciel dégagé au niveau de la mer ne garantit rien en haut : mieux vaut consulter la webcam du site avant de monter, et privilégier le début de matinée.
La statue s'inscrit dans une tradition brésilienne du monument monumental, que détaille notre page sur les plus hautes statues du Brésil.
Le Pain de Sucre
Le pain de sucre, Pão de Açúcar en portugais, est ce piton de granit de trois cent quatre-vingt-seize mètres qui ferme l'entrée de la baie. Deux téléphériques successifs y mènent depuis la plage de Praia Vermelha, avec un arrêt intermédiaire au Morro da Urca.
La vue y est complémentaire de celle du Corcovado plutôt que redondante : on y voit la ville et ses plages depuis la mer, là où le Christ Rédempteur découvre Rio de Janeiro depuis les terres. Beaucoup de visiteurs font les deux, et la fin de journée y est le meilleur moment, le soleil se couchant derrière les montagnes.
Le premier tronçon peut se faire à pied par un sentier balisé, ce qui divise le prix du billet et traverse un morceau de forêt atlantique où vivent des ouistitis.
Les plages, mode d'emploi
Une plage à Rio de Janeiro n'est pas seulement un lieu de baignade : c'est un espace social, avec ses codes, ses habitués et ses repères.
Copacabana déroule quatre kilomètres de sable en arc de cercle, bordés par le célèbre pavement en vagues noires et blanches. Elle est découpée par des postes de secours numérotés, les postos, qui servent de points de rendez-vous à tout le monde : on ne dit pas « au milieu de la plage », on dit « au posto 4 ».
Ipanema, plus au sud, est réputée plus chic et plus jeune. Chaque portion y a son public : le posto 9 rassemble une foule cosmopolite, le posto 8 est plus familial. En fin de journée, la foule applaudit le coucher de soleil derrière les Deux Frères, les deux pitons qui ferment la plage.
Leblon prolonge Ipanema dans un registre résidentiel et calme. Plus loin, la plage de Barra da Tijuca offre de l'espace à qui cherche à s'éloigner de la densité du sud.
Trois habitudes locales méritent d'être adoptées. On loue une chaise et un parasol au vendeur installé sur place plutôt que d'apporter son matériel. On n'emporte à la plage que le strict nécessaire, en laissant papiers et objets de valeur à l'hébergement. Et l'on boit l'eau de coco glacée vendue partout, l'agua de coco, qui fait partie du paysage autant que le sable.
Le littoral brésilien réserve d'autres merveilles au-delà de la ville, que recense notre sélection des plus belles plages du Brésil.
Santa Teresa, Lapa et le centre historique
Perché sur une colline au-dessus du centre, Santa Teresa est le quartier des ateliers d'artistes, des maisons coloniales et des ruelles pavées. Le petit tramway jaune, le bondinho, y circule de nouveau et constitue une attraction à lui seul.
En contrebas, Lapa concentre la vie nocturne. Ses arches blanches, un ancien aqueduc du dix-huitième siècle, servent de repère au quartier de la samba : les bars y ouvrent leurs portes sur la rue et la musique se joue en direct. C'est le meilleur endroit de Rio de Janeiro pour découvrir cette musique sans passer par un spectacle pour touristes.
Entre les deux, l'Escadaria Selarón, un escalier entièrement recouvert de céramiques colorées venues du monde entier, est devenu l'un des lieux les plus photographiés de la ville, et la photo y est meilleure tôt le matin, avant l'affluence.
Le Centro se visite en une matinée pour ses églises baroques, son théâtre municipal et ses musées. Le musée d'art moderne, en bord de baie, fait partie des institutions culturelles présentées dans notre article sur les plus beaux musées du Brésil.
Le carnaval et les grandes dates
Le carnaval de Rio de Janeiro se vit à deux niveaux, et il serait dommage de n'en connaître qu'un.
Les défilés des écoles de samba se déroulent au Sambodrome, sur deux nuits pour le groupe principal. Chaque école présente un thème, des chars et plusieurs milliers de participants, jugés sur des critères précis. Les billets se réservent des mois à l'avance et les places varient beaucoup selon le secteur.
Dans la rue, les blocos rassemblent des cortèges gratuits qui traversent les quartiers, du petit groupe de voisins au défilé de plusieurs centaines de milliers de personnes. C'est le carnaval que vivent les habitants, et il commence souvent plusieurs semaines avant la date officielle.
L'autre grand rendez-vous est le réveillon de Copacabana, où la foule vêtue de blanc se rassemble sur la plage pour le feu d'artifice de minuit. Une tradition d'origine afro-brésilienne veut qu'on offre des fleurs à la mer en sautant sept vagues.
Le carnaval n'est pas l'apanage de Rio de Janeiro : celui de Salvador de Bahia rassemble davantage de monde encore, comme l'explique notre comparaison des deux plus grands carnavals du pays.
Quand partir
Les saisons sont inversées par rapport à l'Europe. L'été austral court de décembre à mars : c'est la période la plus chaude et la plus humide, avec des températures qui dépassent souvent trente-cinq degrés et des averses violentes en fin de journée. C'est aussi la haute saison de Rio, celle du carnaval et du réveillon, avec les prix qui vont avec.
L'hiver, de juin à août, reste doux, autour de vingt-cinq degrés en journée, avec un ciel plus dégagé et beaucoup moins de monde. Pour un premier voyage centré sur la visite plutôt que sur la baignade, c'est la meilleure période : les points de vue sont plus souvent dégagés et la chaleur ne décourage pas la marche.
Les mois d'avril, mai, septembre et octobre offrent un compromis intéressant, avec des tarifs modérés, un budget plus léger et un climat agréable.
Se déplacer dans la ville
Côté transport, le métro de Rio de Janeiro dessert efficacement la Zona Sul et le centre, avec une ligne qui relie Ipanema à la Barra. Propre, sûr et climatisé, il constitue le moyen le plus simple pour les trajets principaux. Les bus couvrent le reste mais demandent l'habitude.
Les applications de véhicules avec chauffeur sont très répandues et bon marché à l'échelle européenne. Elles présentent un avantage pratique : le trajet et le prix sont fixés à l'avance, ce qui évite toute discussion.
La marche est agréable le long du littoral de Rio, où une piste cyclable continue court sur des kilomètres. Les vélos en libre-service complètent bien le dispositif pour relier deux plages.
Depuis l'aéroport international, comptez une petite heure jusqu'à la Zona Sul selon la circulation. Les formalités et les contrôles sont détaillés dans notre page sur la sécurité dans les aéroports brésiliens.
Sécurité : les habitudes qui changent tout
Le sujet mérite d'être abordé sans dramatisation ni naïveté à Rio. Rio de Janeiro connaît une délinquance de rue réelle, principalement des vols à l'arraché, et quelques règles simples réduisent considérablement le risque.
Ne portez pas de bijoux visibles ni de montre voyante, et gardez le téléphone dans la poche plutôt qu'à la main dans la rue. Emportez le minimum de liquide et une copie de vos papiers plutôt que les originaux. Évitez les plages désertes après la tombée de la nuit, ainsi que les rues vides du Centro le soir et le week-end.
Une visite de favela ne s'improvise jamais seul. Certaines communautés accueillent des visiteurs dans un cadre organisé, avec des guides qui en sont issus ; s'y aventurer sans accompagnement est une mauvaise idée. Le sujet est plus complexe que sa réputation, et notre article sur les grandes favelas du Brésil en présente la réalité.
Pour situer Rio dans l'ensemble du pays, notre comparaison des états les plus touchés par la criminalité donne des repères chiffrés utiles avant un voyage plus long.
Manger et boire
La cuisine de Rio mêle les influences portugaise, africaine et indigène. Le plat emblématique du pays est la feijoada, un ragoût de haricots noirs et de viandes servi traditionnellement le samedi, accompagné de riz, de chou et de farine de manioc.
Le déjeuner se prend souvent dans un restaurant au poids, où l'on se sert au buffet avant de faire peser son assiette. C'est économique, rapide et l'occasion de goûter beaucoup de choses. Les churrascarias, à l'inverse, servent de la viande grillée à volonté, découpée à table.
Côté boissons, la caipirinha à base de cachaça, de citron vert et de sucre reste l'emblème du pays. Le jus de fruits frais se trouve à chaque coin de rue, avec des fruits amazoniens que l'on ne connaît pas en Europe.
Nos pages sur les plats incontournables et les boissons brésiliennes complètent utilement une première approche de la table locale.
Le Maracanã et la culture du football
Assister à un match au Maracanã est une expérience à part entière, même sans intérêt particulier pour le sport. L'ambiance des tribunes, les chants et les tambours donnent une idée de la place du football dans la vie brésilienne que rien d'autre ne remplace.
Les grands clubs de Rio se partagent le stade, et les derbys locaux comptent parmi les rendez-vous les plus intenses du championnat. Notre page sur les clubs préférés des Brésiliens aide à s'y retrouver avant de choisir une rencontre.
Autour de Rio : trois excursions
La région de Rio offre de quoi prolonger un séjour de quelques jours, et il serait dommage de s'en tenir aux limites de la ville.
Paraty, à environ deux cent cinquante kilomètres au sud, est une ville coloniale au centre historique inscrit au patrimoine mondial, avec ses rues pavées fermées aux voitures et ses maisons blanches à volets colorés. La route côtière qui y mène est spectaculaire.
Ilha Grande, accessible en bateau, est une île sans automobile couverte de forêt, avec des plages accessibles uniquement à pied ou par la mer. Deux nuits sur place permettent d'en profiter réellement.
Petrópolis, dans la montagne à une heure et demie, fut la résidence d'été de la famille impériale. Son palais transformé en musée et son climat frais en font une échappée agréable quand la chaleur devient pesante.
Ces environs illustrent la diversité des paysages du pays, entre montagne, forêt et littoral.
Un peu d'histoire
Comprendre Rio suppose de savoir qu'elle n'a pas toujours été une ville balnéaire. Fondée par les Portugais au seizième siècle, elle doit son nom à une erreur de géographie : les navigateurs ont pris la baie de Guanabara pour l'embouchure d'un fleuve, découverte au mois de janvier.
Son destin bascule en 1808. Fuyant les armées de Napoléon, la cour de Lisbonne traverse l'Atlantique et s'installe sur place : Rio devient alors la capitale du royaume de Portugal, cas unique d'une capitale européenne transférée hors d'Europe. La ville se dote en quelques années d'une bibliothèque nationale, d'un jardin botanique et d'une académie.
Elle reste ensuite capitale du Brésil jusqu'en 1960, date à laquelle Brasília lui succède. Ce passé explique la densité de bâtiments coloniaux et néoclassiques du Centro, et le contraste saisissant entre ces façades anciennes et les tours de la Barra.
Visiter le centre historique avec cette clé en tête change complètement la lecture des lieux : le théâtre municipal, les églises baroques et les palais ne sont pas des décors isolés mais les restes d'une capitale impériale.
Randonnées et nature en pleine ville
Rio est l'une des rares grandes capitales économiques où l'on part en randonnée sans quitter les limites urbaines. La forêt de Tijuca et les pitons qui la bordent offrent plusieurs balades accessibles à un marcheur ordinaire.
La Pedra Bonita est la plus facile : une heure de montée en sous-bois débouche sur une plateforme offrant une vue panoramique sur la mer et les plages de l'ouest. C'est aussi le point d'envol des parapentes, une activité que beaucoup de voyageurs s'offrent ici en biplace.
La Pedra da Gávea s'adresse à un public plus aguerri : quatre heures aller-retour, avec un passage rocheux qui demande de s'aider des mains. Un guide est vivement conseillé, et la vue depuis le sommet compte parmi les plus impressionnantes du pays.
Plus douce, la découverte du parc national de Tijuca se fait par des sentiers ombragés qui mènent à des cascades. On y croise des singes et une végétation tropicale dense, à quelques minutes des immeubles.
Quelques conseils valables pour toutes ces sorties : partir tôt pour éviter la chaleur, emporter beaucoup d'eau, et renoncer sans hésiter après une forte pluie, la roche devenant glissante. Cette nature urbaine s'inscrit dans la richesse écologique du pays que présente notre page sur les biomes brésiliens.
Préparer son séjour
Quelques points pratiques méritent d'être réglés avant le départ, et ils prennent peu de temps.
Les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de courte durée, mais le passeport doit rester valide plusieurs mois après le retour. Vérifiez la règle en vigueur l'année de votre voyage, ces conditions évoluant d'une période à l'autre.
La monnaie est le réal brésilien. Les paiements par carte sont acceptés presque partout, y compris pour de très petits montants, et il est inutile d'emporter beaucoup d'espèces. Prévoyez en revanche de prévenir votre banque du déplacement.
Le portugais est la seule langue réellement pratiquée : l'anglais reste rare en dehors des hôtels et des sites touristiques. Quelques mots appris avant de partir changent beaucoup la qualité des échanges, et les habitants, les cariocas, se montrent généralement patients avec les visiteurs qui essaient.
Un carioca vous le dira volontiers : la ville se découvre au rythme de ses habitants, entre une balade sur le front de mer le matin et un verre en fin de journée. Prévoir moins d'activités que prévu et laisser de la place à l'imprévu reste le meilleur conseil qu'on puisse donner à un voyageur qui vient pour la première fois.
Côté santé, aucun vaccin n'est exigé pour un séjour limité à Rio, mais un avis médical avant un voyage plus large dans le pays reste utile. Le climat tropical impose surtout de se protéger du soleil, plus fort qu'en Europe même par ciel voilé.
Combien de jours prévoir
Trois jours pleins suffisent à voir l'essentiel de Rio : une journée pour le Christ Rédempteur et le Corcovado, une pour le pain de sucre et le centre historique, une pour les plages et Santa Teresa.
Cinq à six jours permettent d'ajouter le Maracanã, le jardin botanique, un musée ou deux et une journée d'excursion. Au-delà d'une semaine, il devient intéressant de combiner Rio avec Paraty ou Búzios plutôt que de tout concentrer sur place.
Un conseil pour finir, valable quelle que soit la durée : gardez de la souplesse dans le programme. Les points de vue de Rio de Janeiro dépendent entièrement du temps qu'il fait, et pouvoir déplacer une montée au Corcovado d'un jour à l'autre change tout au souvenir qu'on en garde. La cidade maravilhosa se laisse découvrir sans précipitation, et c'est ainsi qu'elle est la plus belle.









