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Les quilombos brésiliens : héritage de l'esclavage et résistance culturelle

Les quilombos brésiliens : héritage de l'esclavage et résistance culturelle

Les quilombos sont des communautés fondées par des esclaves africains fugitifs (marrons) qui s'étaient soustraits à l'esclavagisme brésilien en créant des enclaves libres dans les forêts et les régions reculées. Leurs descendants, les quilombolas, sont pour la première fois comptés par le recensement de l'IBGE, qui montre qu'une petite partie seulement vit sur des terres officiellement délimitées.

Le plus célèbre est le Quilombo dos Palmares, fondé dans l'actuel État d'Alagoas au XVIIe siècle, qui a résisté pendant près d'un siècle aux attaques portugaises. Son chef, Zumbi dos Palmares, est devenu le symbole de la résistance afro-brésilienne et son jour de mort (20 novembre) est célébré comme le Dia da Consciência Negra (Jour de la conscience noire) au Brésil. Longtemps chômé seulement dans certaines villes ou certains États, ce jour est devenu un férié national avec la loi 14.759, publiée au Journal officiel de l'Union, comme l'a annoncé l'agence du Sénat fédéral.

La reconnaissance légale des quilombolas au Brésil

La Constitution brésilienne de 1988 a reconnu pour la première fois les droits territoriaux des descendants de quilombos, appelés quilombolas. L'article 68 des dispositions constitutionnelles transitoires stipule que les communautés quilombolas détentrices de leurs terres depuis l'époque de l'esclavage se voient reconnaître la propriété définitive de ces territoires. Plus de 3 000 communautés quilombolas ont été répertoriées par la Fundação Palmares, mais la régularisation foncière progresse lentement.

Combien de quilombolas vivent au Brésil ?

Le dernier recensement est le premier à avoir compté les quilombolas en tant que tels. D'après les résultats publiés par l'IBGE, l'institut brésilien de statistique, la population quilombola résidente atteint 1 327 802 personnes, réparties dans 1 696 municipalités. Le chiffre le plus parlant concerne la terre : seules 167 202 personnes, soit 12,59 % de cette population, habitent un territoire quilombola officiellement délimité. L'écart illustre la lenteur de la régularisation foncière évoquée plus haut : la grande majorité des familles vit encore sur des terres dont le titre n'est pas reconnu.

Une culture africaine vivante

Les communautés quilombolas contemporaines préservent des traditions culturelles africaines précieuses : religions de matrice africaine (candomblé, umbanda), danses comme le jongo et le tambor de crioula, cuisines spécifiques et savoirs botaniques transmis oralement. Des projets de tourisme culturel dans des quilombos accessibles comme Kalunga (Goiás), Ivaporunduva (São Paulo) et Conceição das Crioulas (Pernambuco) permettent aux visiteurs d'entrer en contact avec cet héritage vivant de la culture africaine au Brésil.

Questions fréquentes sur les quilombos

Quelle différence entre quilombo et quilombola ?

Le quilombo désigne la communauté et son territoire, fondés à l'origine par des esclaves en fuite ; le quilombola est la personne qui en descend et s'y rattache.

Les quilombolas sont-ils propriétaires de leurs terres ?

La Constitution brésilienne leur reconnaît ce droit, mais il faut une procédure de délimitation et de titrage pour qu'il devienne effectif. Le dernier recensement montre que seule une minorité de quilombolas vit sur un territoire déjà délimité.

Pourquoi le 20 novembre est-il férié au Brésil ?

Il rappelle la mort de Zumbi dos Palmares, chef du plus grand quilombo de l'époque coloniale. La loi 14.759 en a fait un jour férié dans tout le pays.

Publié le - Modifié le

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