Aller au contenu principal
Vivre au Brésil

Le Brésil, premier producteur de café du monde : histoire et terroirs caféiers

Le Brésil, premier producteur de café du monde : histoire et terroirs caféiers

Le Brésil est le premier producteur de café du monde, avec de grandes régions d'arabica dans le Minas Gerais et São Paulo et des zones de robusta plus au nord. Cette culture a façonné l'économie, la politique et la société du pays, jusqu'à la petite tasse de cafezinho offerte partout en signe d'accueil.

Le Brésil est le premier pays producteur de café du monde depuis plus de 150 ans, assurant entre 30 et 40 % de la production mondiale selon les années. La caféiculture brésilienne emploie directement plus de 3 millions de personnes et génère des milliards de dollars de devises chaque année. Les principales régions productrices sont le Minas Gerais (Cerrado Mineiro, Sul de Minas, Chapada de Minas, Mantiqueira de Minas), São Paulo (Mogiana, Centro-Oeste), Espírito Santo, Bahia et Rondônia.

Arabica et robusta, deux cafés différents

Le pays cultive les deux grandes espèces de caféier. L'arabica, plus aromatique et moins amer, domine dans les régions de plateaux et de montagnes du Minas Gerais et de São Paulo. Le robusta, appelé localement conilon, plus résistant à la chaleur et plus riche en caféine, pousse surtout dans l'Espírito Santo et en Rondônia ; il entre beaucoup dans les cafés solubles et les mélanges pour expresso. Dans le Cerrado, les grandes exploitations de terrain plat ont mécanisé la récolte, alors que les pentes du sud du Minas Gerais restent souvent cueillies à la main. Les cerises récoltées sèchent ensuite au soleil sur de vastes aires cimentées, ou passent par des procédés de dépulpage et de lavage selon le profil recherché.

L'histoire du café au Brésil

L'histoire du café brésilien commence au XVIIIe siècle avec l'introduction du caféier par Francisco de Melo Palheta depuis la Guyane française en 1727. Le café s'est d'abord répandu dans le Pará et le Maranhão avant de migrer vers le Sudeste, où les conditions pédologiques et climatiques de São Paulo et du Minas Gerais se sont révélées idéales. L'économie du café paulista a financé l'industrialisation du Brésil au XIXe et au début du XXe siècle. Pour une perspective complémentaire, lisez jabuticabas.

Cette prospérité a reposé longtemps sur le travail des esclaves, puis, après l'abolition, sur l'arrivée massive d'immigrants européens, en particulier italiens, recrutés pour les plantations de l'État de São Paulo : la page sur l'immigration italienne au Brésil retrace cet héritage. Le café a aussi pesé sur la vie politique : sous la Première République, l'alternance au pouvoir entre les élites de São Paulo et celles du Minas Gerais fut surnommée la « politique du café au lait ».

La scène du café de spécialité au Brésil a explosé depuis les années 2010. Les cafés brésiliens de spécialité, produits à des altitudes de 800 à 1 200 mètres avec des traitements innovants (natural, honey, washed), sont aujourd'hui reconnus dans les concours internationaux pour leurs profils aromatiques complexes aux notes de chocolat, de caramel, de noisette et de fruits rouges. Des marques comme Fazenda Santa Inês, Carmo Coffees et Camocim exportent vers les marchés européens et asiatiques les plus exigeants. En matière de gastronomie brésilienne, parcourez pays exportateur de vin.

Le cafezinho, rituel du quotidien

Au Brésil, le café se boit surtout en petites tasses de cafezinho, souvent sucré, offert au bureau, dans les commerces ou à la maison dès qu'un visiteur arrive. Refuser un cafezinho passe parfois pour un manque de politesse. Les grandes villes ont vu se multiplier les cafés de spécialité, où l'on goûte des lots d'une seule exploitation préparés à la méthode douce. Le café reste enfin un pilier des exportations, présenté avec d'autres secteurs dans la rubrique économie du Brésil, puissance industrielle et défis.

Publié le - Modifié le

Pour aller plus loin

Articles qui pourraient vous intéresser

▲