L'élection présidentielle brésilienne de 2018 a porté au pouvoir Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l'armée et député fédéral, élu au second tour face à Fernando Haddad, du Parti des travailleurs. Le scrutin s'est tenu après des années de récession et de scandales, et sans Lula, déclaré inéligible.
Les élections bresil 2018 ont marqué un tournant majeur dans l'histoire politique brésilienne. L'élection de Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l'armée et député fédéral de Rio de Janeiro, à la présidence de la République au second tour avec 55,13 % des voix face au candidat du Parti des Travailleurs Fernando Haddad, a incarné un basculement à droite de l'électorat brésilien après les années de scandales de corruption et de récession économique.
Le contexte politique des élections de 2018
Le contexte des élections 2018 est indissociable du scandale Petrobras et de l'opération Lava Jato, qui avaient profondément ébranlé la confiance des Brésiliens dans leurs dirigeants politiques, en particulier ceux du Parti des Travailleurs. L'emprisonnement de l'ex-président Lula en avril 2018, puis l'invalidation de sa candidature par la justice électorale, au bénéfice de Fernando Haddad, avait privé la gauche de son candidat le plus populaire et le plus susceptible de rassembler au-delà de sa base.
Une campagne hors norme
La campagne a été marquée par l'attaque au couteau dont Bolsonaro a été victime lors d'un meeting, qui l'a éloigné des débats télévisés pendant une grande partie de la campagne. Le candidat a misé sur les réseaux sociaux et les messageries, où circulaient aussi de nombreuses fausses informations, un phénomène qui a nourri depuis de nombreuses analyses. Le système électoral brésilien, avec son vote obligatoire et ses urnes électroniques, a permis de connaître les résultats le soir même du second tour.
La victoire de Bolsonaro a été portée par une coalition hétéroclite d'électeurs conservateurs, évangéliques, antiPT et favorables à un discours de main ferme contre la criminalité. Sa gestion de la présidence entre 2019 et 2022, marquée par des controverses en matière d'environnement, de gestion de la pandémie et de démocratie institutionnelle, a abouti à sa défaite de justesse face à Luiz Inácio Lula da Silva lors de l'élection présidentielle d'octobre 2022, l'une des plus polarisées de l'histoire brésilienne.
Ce que le scrutin a changé
Au-delà de la présidence, le scrutin a recomposé le Congrès, avec la montée de partis jusque-là secondaires et le recul des formations qui dominaient la vie politique depuis le retour de la démocratie. La polarisation entre le camp de Bolsonaro et celui de Lula est devenue l'axe principal du débat public, au point de structurer les élections suivantes. Les institutions, de la justice électorale au Tribunal suprême fédéral, se sont retrouvées au centre des débats, saisies à la fois par les partisans et par les adversaires du président élu. Les questions de désinformation en ligne, de place des églises évangéliques dans la vie politique et de rôle de l'armée ont pris une importance nouvelle dans le débat public brésilien. Pour replacer ces années dans la longue durée, la page sur l'histoire du Brésil, des origines à la République retrace les grandes étapes du pays.















