Le PCC au Brésil, ou Primeiro Comando da Capital, est la plus puissante des factions criminelles du pays, devant son grand rival de Rio, le Comando Vermelho. Nées dans les prisons, ces organisations pèsent sur la sécurité des grandes villes et sur le trafic de drogue sud-américain.
Le PCC bresil (Primeiro Comando da Capital, Premier Commandement de la Capitale) est l'organisation criminelle la plus puissante et la plus structurée du Brésil. Fondée en 1993 dans la maison de détention de Taubaté, dans l'État de São Paulo, par des détenus marqués par le massacre de la prison du Carandiru et réclamant de meilleures conditions d'incarcération, l'organisation a développé une hiérarchie quasi militaire et un code de conduite interne qui lui a permis de s'imposer dans les prisons paulistas puis dans les quartiers populaires de São Paulo.
L'expansion du PCC au-delà de São Paulo
L'influence du PCC s'étend aujourd'hui bien au-delà de São Paulo : l'organisation est présente dans la quasi-totalité des États brésiliens et entretient des connexions avec des réseaux criminels en Amérique latine (Paraguay, Bolivie) et en Europe (Portugal, Espagne). Le PCC contrôle une grande partie du trafic de cocaïne qui transite par le Brésil depuis la Bolivie et le Pérou vers les marchés européens.
Pour les expatriés au Brésil, la présence du PCC est une réalité de fond qui influence le climat sécuritaire sans pour autant cibler directement les étrangers. Les violences liées au PCC se concentrent dans les quartiers populaires et les prisons, loin des zones résidentielles fréquentées par les expatriés. Comprendre cette réalité permet d'appréhender plus lucidement le contexte sécuritaire brésilien sans succomber ni à la naïveté ni à la psychose. Dans la continuité historique, consultez Les grands clubs de football brésiliens : histoire et palmarès.
Le Comando Vermelho, l'autre grande faction
Le Comando Vermelho, ou Commando rouge, est né dans la prison de l'Île Grande, au large de Rio de Janeiro, sous la dictature militaire, de la cohabitation entre détenus de droit commun et prisonniers politiques. Il s'est implanté dans de nombreuses favelas de Rio, où il contrôle le trafic de drogue dans certains quartiers. Longtemps alliés, le PCC et le CV sont devenus rivaux, et leurs affrontements, notamment dans les prisons du Nord et du Nord-Est, ont donné lieu à des mutineries meurtrières.
Milices et autres groupes armés
À Rio, le paysage criminel compte aussi les milices, groupes formés à l'origine d'anciens policiers ou pompiers qui prétendaient chasser les trafiquants et se sont mis à racketter les habitants, à contrôler la vente de gaz, les transports informels ou la construction. D'autres factions régionales existent dans plusieurs États. Cette fragmentation explique que la situation sécuritaire varie fortement d'une ville, et même d'un quartier, à l'autre.
Ce que cela change concrètement pour un expatrié
Les expatriés et les voyageurs sont rarement visés directement, mais quelques règles de prudence s'imposent : ne pas entrer dans une favela sans y être invité ou accompagné d'un guide reconnu, se méfier des itinéraires proposés par une application de navigation qui traversent des zones sensibles, interroger les habitants sur les quartiers à éviter. Les conseils aux voyageurs du ministère français des Affaires étrangères, régulièrement mis à jour, détaillent la situation par région. Pour choisir où s'installer, le classement des villes les plus sûres du Brésil donne des repères, et les favelas du Brésil, leur histoire et leur évolution font l'objet d'un dossier à part, plus nuancé que leur image.
Pourquoi l'État peine à les démanteler
La force de ces organisations tient à leur ancrage carcéral : la surpopulation des prisons pousse de nombreux détenus à rejoindre une faction pour se protéger, ce qui alimente le recrutement. Les opérations policières de grande ampleur, souvent très meurtrières, n'ont pas mis fin au phénomène. Les spécialistes insistent sur la réforme pénitentiaire, la lutte contre le blanchiment et la présence durable de l'État dans les quartiers. Ces questions s'inscrivent dans une histoire du Brésil marquée par les inégalités.















